La crise du Covid-19 a entraîné une baisse de la consommation d’énergie sans précédent mettant en péril les secteurs du pétrole, du gaz et de l’électricité. Les seules à tirer leurs épingles du jeu sont finalement les énergies renouvelables qui sont soutenues par les subventions gouvernementales et les nouvelles mesures de la Programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE). L’objectif de cette consultation dévoilée le 23 avril renforce encore les accords et objectifs pris dans le cadre de la loi Climat Energie. Il s’agit littéralement de « tourner le dos aux énergies fossiles » tout en développant et priorisant le recours aux énergies renouvelables telles que le solaire photovoltaïque (PV), l’hydroélectricité et l’éolien terrestre, puis progressivement l’éolien en mer.

Selon l’AIE, la consommation des énergies renouvelables a progressé de 1,5% dans le monde à l’instar de la production d’électricité qui a augmenté de près de 3%. En Europe, l’Allemagne est sur la première marche du podium avec une part de 50% d’énergies renouvelables dans son mix électrique.

Il convient toutefois de nuancer un peu ces chiffres au regard de la situation française. La demande d’électricité en baisse cumulée à trop d’électricité renouvelable a entraîné la chute des prix sur les marchés. Dans ce contexte, il est clair que les énergies renouvelables seront aussi impactées par la crise. Elisabeth Borne, ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, a d’ailleurs souligné, lors de la Commission de l’Assemblée Nationale le 30 Avril, la nécessité d’engager des réflexions profondes sur le fonctionnement du marché de l’électricité français.

Pour le Syndicat des énergies renouvelables, le danger touche les chantiers en développement ou en cours de réalisation  arrêtés par manque de stocks. En ces temps de crise, les mesures concernant les reports de six mois à un des délai de mises en service ou de réponses aux appels d’offre pour les projets en cours de réalisation seront-elles suffisantes ? Pour l’expert interrogé par L’Usine Nouvelle, la question des financements sur la chaîne de valeur des renouvelables se pose. L’investissement dans le développement d’outils de production en France serait une réponse à ce sujet.