Cet après-midi, le 30 avril 2020, Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire était auditionnée conjointement avec Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, par les commissions des affaires économiques et du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’ Assemblée Nationale.

L’occasion pour Madame le ministre de revenir sur les conséquences de la crise du Covid-19 sur le secteur de l’énergie. Constatant que depuis le début de la crise sanitaire « l’approvisionnement et la distribution d’énergie se poursuivent sans difficultés majeures », elle précise que tous les opérateurs sont dotés de plan de continuité pour assurer la couverture des besoins indispensables. Elisabeth Borne évoque les fortes baisses de consommation depuis le début de la crise : de – 70 à – 95 % pour les produits pétroliers, – 20 % pour le gaz et – 10 % pour l’électricité.

Elle salue notamment la part significative des énergies renouvelables dans le mix électrique français qui s’est portée à 45%. Elle poursuit « Si nous pouvons nous féliciter de la preuve grandeur nature que la stabilité du réseau électrique peut-être garantie avec une part significative d’énergie renouvelable », elle constate que « cela a conduit à des périodes longues ou les prix de l’électricité sur le marché Spot étaient négatifs. » Une situation qui l’amène à engager des réflexions profondes sur le fonctionnement des marchés de l’énergie et plus spécialement celui de l’électricité.

Interrogée sur le sujet très polémique de l’ARENH par plusieurs députés, Elisabeth Borne répond que la crise actuelle totalement inédite renforce le ministère « dans la nécessité de mettre en place une régulation du nucléaire historique ». Elle précise aussi qu’il n’est pas possible de « gérer des actifs de long terme avec uniquement des mécanismes de marché qui peuvent se traduire par parfois par des flambées des prix mais aussi par des effondrements et des prix négatifs ». Rassurante sur la nécessité de trouver un mécanisme de régulation, elle constate qu’il est compliqué de poursuivre les discussions sur le sujet, ces dernières semaines étant plutôt focalisées sur la crise et le déconfinement à venir. Elisabeth Borne promet de reprendre les discussions avec la Commission Européenne dès que la situation sera un peu plus normale.