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Banques françaises et énergies renouvelables : le point

Pour lutter contre le changement climatique, la Fédération bancaire française compte limiter les financements sur les énergies fossiles non conventionnelles. Depuis quelques années certaines banques françaises enclenchent leur transition écologique en proposant des offres de financements dites « vertes ». Certains groupes bancaires offrent actuellement des services plus éthiques et financent des projets axés sur les énergies renouvelables. Tour d’horizon sur cette transition énergétique qui s’opère au cœur des banques françaises.

Pourquoi les banques françaises contribuent au développement des énergies renouvelables ?

En 2015, les banques françaises dévoilent publiquement leurs engagements à s’aligner avec l’Accord de Paris, lors de la COP21. De nouvelles feuilles de route ont été présentées en matière de financement, notamment en faveur des énergies renouvelables.

Selon l’ONG Oxfam France, le virage est un peu tardif avec seulement 20% des financements accordés aux énergies renouvelables. Actuellement, les grandes banques françaises souhaitent rejoindre la lutte contre le changement climatique. Voici les principales raisons de cette transition :

Le risque climatique

Les enjeux du réchauffement climatique sont considérables, notamment pour les banques. Les politiques coercitives pour réduire les émissions des gaz à effet de serre constituent un risque de transition. En effet, les majors d’énergies fossiles qui s’en trouvent fragilisés par cette réglementation s’exposent au non-remboursement des prêts accordés par les banques.

Alors que les gouvernements européens durcissent la réglementation, certaines banques françaises s’engagent à ne plus financer le secteur des énergies fossiles dès janvier 2022. D’ailleurs, certains pays du G7, dont l’Italie et la France annoncent la fermeture des mines de charbon d’ici 2030. Comme les cash-flows des centrales à charbon sont menacés, les banques se mettent en course pour offrir des services plus éthiques.

Répondre à la demande en énergies renouvelables en forte croissance

L’autre raison de ce virage est la demande croissante des énergies renouvelables. En effet, les banques y voient désormais une activité fructueuse.

Pour créer de nouvelles capacités au niveau mondial, près de 310 milliards de dollars ont été investis, rien qu’en 2014. Ce financement a pour but de réduire 40% de GES et d’augmenter l’énergie renouvelable de 27% d’ici 2030. De son côté, l’Union européenne impose une production de 24 gigawatts par an, ce qui représente un investissement annuel d’environ 40 milliards d’euros.

Cette demande en forte croissance des énergies renouvelables contribue à une diminution des besoins en énergies fossiles. Pourtant, ces dernières pèsent lourd dans les portefeuilles de crédit. Sous la pression de la réglementation environnementale, les groupes bancaires français se sont orientés vers les nouvelles énergies par appât du gain.

Des mesures rigoureuses chez certains groupes bancaires

Première banque à avoir franchi le pas, Crédit Agricole compte réduire progressivement son investissement au secteur charbonnier. D’ailleurs, la banque s’engage à arrêter le financement des entreprises qui œuvrent dans ce secteur d’ici 2030. Une initiative qui a été bien reçue par les ONG écologistes, notamment Oxam France et les Amis de la Terre.

Cet engagement de Crédit Agricole s’oriente sur trois axes :

  • La banque ne collabore pas avec les entreprises dont 25% du revenu provient du charbon, sauf si les demandes de financement sont liées directement aux énergies renouvelables.
  • Elle ne travaille pas avec les firmes de production d’énergies fossiles non conventionnelles.
  • Les entreprises ayant été financées avant l’annonce de cet engagement devront absolument présenter un plan de fermeture des installations de production de charbon.

Des engagements progressifs chez d’autres établissements

Certains groupes bancaires voient les choses autrement et estiment même que le fait de financer les entreprises émettant plus de CO2 n’est pas forcément négatif pour l’environnement, à condition bien sûr que le financement soit utilisé dans le cadre de la transition écologique.

Parmi ces banques qui souhaitent soutenir ces entreprises, la Société Générale s’est engagée à financer jusqu’à 120 milliards d’euros en faveur des énergies renouvelables :

  • 100 milliards d’euros : sous la forme de cautionnements ou d’émissions de « green bonds ».
  • 20 milliards d’euros : financement direct par le biais de crédits participatifs.

Ce programme a débuté depuis 2019 en partenariat avec la Banque Européenne d’Investissement (BEI), dont l’objectif est de financer des projets éoliens et solaires d’une valeur de 240 millions d’euros. Pour l’heure, 2 projets éoliens ont été choisis dans le département du Cher (région Centre-Val de Loire) pour une capacité de 19 Mégawatts. Ils sont assurés par l’entreprise française de production d’énergie renouvelable Valorem.