Le prix de l’électricité nucléaire est un sujet clé loin de faire l’unanimité entre tous les acteurs du secteur. Depuis la mise en place du dispositif ARENH, entré en vigueur le 1er juillet 2010, contraignant EDF à vendre une partie de son électricité nucléaire à des prix régulés, les fournisseurs alternatifs n’ont cessé de le remettre en cause. Rappelons qu’initialement l’objectif de l’ARENH était de placer tous les fournisseurs d’électricité présents sur le marché français à égalité afin de promouvoir la concurrence et permettre à chaque acteur de proposer des offres compétitives et de préserver en même temps, pour le consommateur final, le bénéfice de l’investissement réalisé dans le nucléaire.

La baisse de la consommation d’électricité engendrée par la crise sanitaire et le confinement qui en a résulté a conduit EDF à annoncer une réduction historique de sa production d’électricité nucléaire. Dans ce contexte, les prix sont largement passés en dessous du plancher de 42 €/MW d’où la demande des fournisseurs alternatifs d’activer la clause de « force majeure »  pour suspendre les contrats d’approvisionnement en électricité nucléaire à un prix préalablement fixé pour tenir compte de la baisse de la demande. Ayant tour à tour sollicité EDF, la CRE, et le Conseil d’Etat sans succès, Total Direct Energie et Ekwateur, entre autres, ont décidé d’en référer au tribunal de commerce suivant la suggestion du Conseil d’Etat dans la restitution de sa décision la semaine dernière. EDF précisant être « aussi confronté à la baisse de la consommation des clients et subit l’impact de la crise sur son activité de production nucléaire» a salué cette décision en s’en félicitant dans un communiqué. Le feuilleton de l’ARENH n’est donc pas près de se résoudre.